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Fascithérapie et cancer
Une approche en Fasciathérapie
dans l’accompagnement de la personne souffrant d’un cancer.
Introduction
La fasciathérapie est issue de l’ostéopathie. Mr Danis Bois, kinésithérapeute, ostéopathe a développé avec une équipe de chercheurs (CERAP) un toucher spécifique de relation, mais aussi toute une démarche de l’accompagnement de la personne à travers le mouvement, l’introspection et l’écriture afin de donner un sens à ce qui est vécu dans le corps.
La fasciathérapie s’inscrit dans un courant humaniste, la prise en charge se veut globale avec une prise en compte du monde psychique, physique, social, ainsi que du contexte de vie de la personne.
L’annonce d’une pathologie grave comme le cancer peut faire l’effet d’un séisme dans la vie du patient et celle de sa famille.
Or les fascias sont extrêmement sensibles au stress, au monde de l’émotion, ils se crispent, se tendent, s’immobilisent, créant une sensation de fermeture, de tension, de manque d’espace à l’intérieur de soi…la boule dans la gorge, le ventre noué, le diaphragme serré avec une sensation d’étau sont quelques manifestations du FAP (fascia axial profond) que le patient peut souvent décrire.
La fasciathérapie : comment ça fonctionne ?
En s’adressant à la partie vivante, non malade du patient, en redonnant de l’espace, en reliant toutes les zones du corps par un toucher global, le rapport à la douleur et à la pathologie peut changer.
Le patient se sent concerné et ACTEUR de son traitement.
De la rencontre des mains du thérapeute et du corps du patient va naître un dialogue respectueux où va pouvoir se travailler un toucher psychotonique intéressant la globalité de la personne.
Le mouvement interne, force d’auto régulation, présent chez tous est à la base de cette méthode…
De la surface jusqu’à la profondeur, les fascias qui enveloppent chaque organe et aussi les relient entre eux nous livrent une histoire.
Retrouver une rythmicité, un axe de mouvement disparu, rendre mobile ce qui ne l’est plus, une souplesse, une certaine élasticité des tissus font partie des nombreux objectifs du Fasciathérapeute.
Le monde vasculaire est aussi concerné en libérant l’environnement artériel et veineux la circulation se trouve améliorée.
Le patient en retrouvant un moelleux dans le tissu peut accéder a une nouvelle forme de douceur en lui.
Le thérapeute fait des propositions successives à travers des « glisser » de tissu, des « touchers » aux intensités variables qui correspondent aux besoins du patient, mais aussi des temps d’arrêts (point d’appui) qui sont les temps forts du traitement où certaines résolutions toniques peuvent aboutir.
Témoignage :
Mme A : « Sandra prend soin de moi, pas de ma maladie….Ce que je sens pendant et après la séance…un sentiment de sécurité, un toucher doux et profond, une couleur qui me vient : le jaune….je n’ai aucune peur…..je sens que je n’ai rien à faire, juste laisser aller….. En sortant je me sens plus douce, plus ronde, quelque chose sourit en dedans… Le cancer est peu présent c’est plutôt un moment où je l’oublie. »
Des recherches ont permis d’établir que ce toucher spécifique favorise un effet anti- inflammatoire.
(Nadine Quéré[1]) en modifiant le cytosquelette de la cellule.
Peu à peu, grâce a un guidage manuel et verbal, le patient perçoit de l’intérieur les transformations qui s’opèrent dans le corps. Gain d’espace, diminution ou disparition de la douleur, gain de douceur interne, sensation d’apaisement de relâchement profond, globalité, sont les vécus les plus fréquents
L’être, la personne, retrouve un sentiment d’existence que le cancer grignote parfois.
Pratiques associées au toucher manuel
Le toucher manuel peut être relayé par la Gymnastique Sensorielle dans un objectif d’autonomie du patient. En séance individuelle ou en groupe, la personne apprend à ce mouvoir à partir du mouvement interne non visible vers un mouvement majeur qui respecte la physiologie. La lenteur est un critère important puisqu’elle plonge la personne dans un contexte extra- quotidien et lui permet de percevoir ce qui se déroule.
La conscience des mouvements de base (cf. « Gymnastique Sensorielle »[2]), la notion des axes, nous permet après non seulement de libérer les articulations et les tensions musculaires mais de dérouler les effets perçus lors des mouvements. Ainsi, par exemple, un mouvement de convergence peut être associé à une ouverture à soi et un de divergence à l’ouverture à l’autre, sans perdre le contact avec soi.
Les perceptions sensorielles que le corps nous offrent dans l’immédiateté sont le terreau d’un apprentissage, un constat effectué sans jugement de comment nous allons en ce moment précis qui peut aider à ajuster notre action dans le quotidien.
Ainsi la perception d’une fatigue va permettre au patient de mieux se reposer et de ne pas épuiser les réserves existantes. Mais à l’inverse la perception d’une vitalité globale va permettre au même patient de pouvoir aussi réaliser des actions malgré la pathologie.
- La possibilité d’écrire le vécu sensoriel corporel valide l’expérience vécue et facilite le déploiement des effets perçus.
- Enfin, l’introspection propose un temps de silence où le travail sur l’intention, l’attention et la perception de ce qui se passe à l’intérieur de soi apportent détente et connaissance.
Témoignage :
Mme A : « j’ai aussi senti, « petitement », discrètement, la différence entre « vouloir lâcher » et « laisser lâcher », déposer. Même si le cerveau commande avec douceur, l’« action » reste la réponse à une commande. « Laisser lâcher » c’est permettre que ça puisse se faire.
Les os, le squelette, sentir ma force; ma solidité, mais sentir que cette force là n’est pas raide. Une force qui s’adapte. Une solidité souple- Une structure rassurante, solide, ferme mais pas dure. »
Dans le cadre de soins du patient, le thérapeute peut également proposer aux proches familiaux une écoute et une prise en charge en fasciathérapie.
Conclusion
Le Fasciathérapeute ne prétend évidement pas guérir le patient, mais lui propose un regard différent sur la perception corporelle que son corps peut lui offrir.
L’accompagnement se fait dans la durée, pendant les traitements et en post-traitement.
La prise en charge sera différente selon le besoin de l’instant présent. Elle pourra varier entre toucher manuel, mouvement et gymnastique sensorielle mais aussi à travers des introspections.
Toutes les expériences sensorielles corporelles pourront être explorées dans l’écriture.
Sandra Fontanive, kinésithérapeute DE, Fasciathérapeute- Somatologue Méthode Danis Bois
Nantes le 21 nov 2010
[1] Quéré, N. (2009). Impact du traitement en fasciathérapie vasculaire Méthode Danis Bois sur les phénomènes inflammatoires, Revue de physiothérapie Mains libres, Suisse.
Quere N., Noël E., Lieutaud A, D’Alessio P. (2009). Fasciatherapy combined with pulsology touch induces changes in blood turbulence potentially beneficial for vascular endothelium. Journal of Bodywork and Movement Therapy, 13(3), 239-45
[2] NOEL A., 1995, La Gymnastique Sensorielle selon la Méthode Danis Bois, Éditions Point d’Appui, Paris.
Qu’est-ce que la fasciathérapie?
La Fasciathérapie-Somatologie est une thérapie manuelle humaniste ou la globalité de la personne est prise en compte. Le toucher spécifique du thérapeute (toucher doux) permet à la personne de se sentir concerné par son traitement et sollicite en profondeur sa vitalité et sa force d’auto-régulation via le mouvement interne.
Le thérapeute en posant ses mains sur les fascias (membranes qui recouvrent le corps,mais aussi les os et les organes, reliées de la surface à la profondeur, ex peau, péritoine) va percevoir des zones d’immobilité, de tensions et va proposé dans une écoute respectueuse un retour au mouvement.
Les douleurs, les tendinites, mais aussi les migraines, le monde viscéral et gynécologique, le stress et le mal être sont des indications entre autres pour consulter un fasciathérapeute.
Dans un deuxième temps il peut y avoir un travail ou l’on apprend de soi à travers ce que le corps nous raconte pour donner du sens a ce qui se vie dans le moment présent.
L’écriture, le mouvement et l’introspection sont aussi des outils que le fasciathérapeute peut utiliser pour aller plus loin dans cette recherche profonde en favorisant l’autonomie de la personne.
Sandra Fontanive